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Au Cameroun, la boulangerie Sélecte pourrait abandonner son projet de pain à base de farine locale

Dès qu’il est sorti du four, le pain à base de patate, farine et manioc produit par la boulangerie Sélecte à Yaoundé s’arrache à la vitesse grand V. Seulement en l’absence de matière première pour produire en grande quantité, le boulanger grec pourrait y mettre un terme.

A Yaoundé la capitale camerounaise, le réseau de boulangerie-pâtisserie « Selecte » propose depuis quelques temps du pain à base de farine de maïs, de manioc et de patate. Ce pain à base de tubercules locales se positionne comme une alternative sérieuse à la crise de blé née du conflit russo-ukrainien, susceptible de perturber les circuits d’approvisionnement mondiaux et de déteindre sur la production de farine de blé au Cameroun.

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Mais cette denrée est faiblement produite par le boulanger grec, pourtant les consommateurs se l’arrachent. Dans la matinée du mercredi 6 avril dernier, une fois sortis des fours, ces bouts de pain ont aussitôt disparu des étals. La production journalière a mis à peine 30 minutes dans les rayons, pas plus également que le lendemain jeudi.  « Ça fait 10-15 jours qu’on a lancé ce produit. Il a pris beaucoup d’ampleur et nous aussi sommes surpris de l’accueil que les clients ont réservé à ces produits. On les a sortis aujourd’hui (mercredi 6 avril 2022, NDLR), et en 10-15 minutes, c’était fini » explique un responsable.

Cependant, le boulanger grec se contente encore d’une production à très petite échelle, en raison des difficultés d’approvisionnement en farine à base de produits locaux. Il compte parmi ses fournisseurs la Société Coopérative pour l’Agropastorale, la Sylviculture et la Pisciculture au Cameroun (Socaspiscam), une coopérative agricole basée à Afan‐Loum dans la région du Centre, qui lui fournit une moyenne d’une tonne de farine par jour pour la fabrication du pain. Des quantités très insuffisantes pour satisfaire une demande sans cesse croissante.

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La problématique de la disponibilité de ces farines locales apparait donc clairement comme un défi majeur à relever pour les producteurs locaux. Ceux-ci devraient pouvoir en produire en quantité industrielle pour espérer faire face à la compétitivité du marché, littéralement dominé par la farine de blé. Chez Socaspiscam, « Selecte » débourse en moyenne 1200 FCFA pour se procurer un kilogramme de farine de manioc, de patate ou de maïs, là où les meuniers proposent le kilogramme de farine de blé à 500FCFA au détail. C’est l’une des raisons pour lesquelles le boulanger grec se voit contraint de commercialiser sa baguette de pain de manioc ou de patate à 500 FCFA. 

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Face à cette problématique la boulangerie pourrait cesser la production de pâtisseries à base de farines locales. « On espère vraiment pouvoir avoir de la matière première en quantité. Au cas contraire, nous n’excluons pas d’arrêter la production au risque de tourner à perte» confie la boulanger Grec. Le producteur plaide pour un accompagnement des pouvoirs publics, notamment à travers la mise à disposition des financements pour favoriser une agriculture extensive des tubercules, ensuite une transformation en quantité industrielle des différentes variétés de farine, pour permettre aux boulangers et pâtissiers de satisfaire la très forte de demande locale. 

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